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Jacques Mézard, ministre de la cohésion des territoires, présentait, à Rodez, le plan «Action Coeur de ville»

Edouard Philipe, premier ministre, délocalisait, la semaine dernière, une partie de son gouvernement, pour deux jours, à Cahors. « Une immersion au coeur des territoires » voulue pour cette seconde conférence sur la thématique territoriale. La première avait eu lieu au Sénat, à Paris le 17 juillet. Un événement qui a trouvé écho jusqu’à Rodez. C’est, en effet, dans la capitale ruthénoise que Jacques Mezard, ministre de la cohésion et des territoires présentait, vendredi dernier, les mesures et détails d’ Action cœur de ville, plan dédié aux villes moyennes.

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La signature d’un ministre

Jacques Mézard était accueilli à l’hôtel de ville, en milieu de matinée autour d’un café, par nombre d’ élus ruthénois, dont le maire et président de l’Agglomération, Christian Teyssèdre, les députés LREM Stéphane Mazars et Anne Blanc (circonscription Ouest Aveyron).IMG_0155

Quelques minutes et quatre étages plus tard, dans le bureau du maire, le ministre signait le livre d’or de la ville sous le crépitement des appareils photos. Christian Teyssèdre soulignait sa fierté «de recevoir, pour la première fois, à Rodez, un ministre de la République de l’ère Marcon.»IMG_0169

Rencontre avec les ruthénois

S’en suivait une déambulation du cortège dans les rues du coeur de ville. L’occasion pour Jacques Mézard, d’échanger avec des commerçants, notamment dans la traversée du passage du Mazel et de serrer quelques mains de passants…

Tandis que des ruthénois, moins au fait de l’actualité, se demandaient qui pouvait bien être cette personnalité accompagnée d’une horde de journalistes et d’élus. D’autant que le service d’ordre était des plus discrets…Le ministre était ensuite accueilli dans une boutique, proche de la mairie, « l’Aveyron Gourmet », vitrine gourmande et artisanale du département.IMG_0180

Un commerce conjugant avec succès qualité, pérennité et modernité, cité en exemple. La découverte du centre ville se poursuivait avec la visite guidée, rue du Touat, d’un appartement rénové par un bailleur privé. Mais la météo capricieuse obligeait, ensuite, la délégation à presser le pas en direction des bureaux de l’Agglomération. C’est là que le ministre présentait en détail le plan « action coeur de ville ».IMG_0200

Un univers tout numérisé à la MJC

En début d’après midi, il découvrait la MJC. Un lieu multi -culturel et sportif qui rassemble 80 clubs, 3500 adhérents et 200 bénévoles. Le président Laurent Melin, le directeur Bruno Houles, le directeur adjoint Daviid Marois, après une présentation succinte de la structure, mettaient l’accent sur le «Fab’lab». Un laboratoire de fabrication ouvert au public, passionnés ou professionnels, étudiants, artisans entrepreneurs… où sont mis à disposition toutes sortes d’outils, dont des machines pilotées par ordinateur, pour intitiation, conception ou réalisation d’objets.

De quoi aiguiser la curiosité du ministre. ll fut d’ailleurs tout aussi impressionné qu’amusé par ce spectre créatif : du prototype de main articulée, aux créations design d’un artisan ruthénois en passant par les maquettes de Tour Eiffel et de la cathédrale de Rodez… jusqu’à la réalisation de cette cravate, découpée au laser, sous ses yeux, qu’il emportait dans ses bagages !IMG_0243

Le ministre ne pouvait quitter le python rocheux sans visiter, bien sûr le musée Soulages, ce n’était pas prévu au programme, mais …IMG_0246 IMG_0252

Présentation du plan «Action coeur de ville» pour les villes moyennes

Les invités -acteurs économiques , sociaux et culturels- avaient pris place, en fin de matinée dans l’hémicycle de l’Agglomération ruthénoise. La maire d’Albi, présidente de l’aglomération du grand albigeois, Stéphanie Guiraud -Chaumeil , représentant l’association «Ville de France», Alain Marc et Jean- Claude Luche sénateurs, le directeur territorial de la Caisse de dépôt, Marc Abadie et Christian Mourougane, directeur adjoint de l’ANAH. rejoignaient à la tribune Jacques Mézard et Christian Teyssèdre.IMG_20171215_120129

 » Depuis 10 ans, la municipalité et l’agglo s’attachent à donner une nouvelle impulsion et à renforcer l’attractivité du coeur de ville. » introduisait Christian Teyssedre. Il étayait ses propos en citant mesures et réalisations impactant positivement l’économie locale : « le musée Soulage, une chance pour nous , une politique de transport ( tarifs divisés par 5), des offres culturelles et sportives vecteurs d’attractivité importants, le recrutement d’un manager centre ville… ».

Et le ministre, également élu aurillacois, de trouver résonnance dans les paroles de l’édile ruthénois : « J’ai l’expérience de la ville moyenne la plus enclavée de France et finalement tout ne va pas si mal (…) Les villes moyennes sont des pôles autour des territoires ruraux où il fait bon vivre , elles viennent aussi en complementarité des métropoles . Rodez en est un bel exemple ».IMG_20171215_120129

Action coeur de ville: un plan de facilitations

Un parfait décor donc, à l’ombre de la cathédrale ruthénoise pour communiquer sur le plan ville moyenne: «Action cœur de ville». Un vaste programme destiné à faciliter et soutenir le travail des collectivités locales, à inciter les acteurs du logement et de l ‘urbanisme à réinvestir les centres villes, à y favoriser maintien et installation d’activités , sans oublier d’améliorer le quotidien des habitants.

 » Ce n’est pas un plan imposé, mais plutôt un plan de facilitation » avertissait le ministre. « Il offre une coordination de moyens pour accompagner ambitions, réalisations et projets des villes moyennes qui le souhaitent.»

Présenté comme «un soutien de l ‘Etat formalisé par un contrat cadre qui engagera la commune son intercommunalité et les partenaires du plan », « C’est du sûr mesure !» commentait le ministre.IMG_0189

Pour les communes et intercommunalités

Les villes moyennes qui ont un projet abouti pourront contractualiser dès 2018. Si elles ont un projet en cours, elles pourront établir un protocole de préfiguration du contrat en 2018 pour une finalisation en 2019. Celle qui n’ont pas de projet pourront prétendre à des crédits d’études et de co-financement d’ une direction de projet et contractualiser en 2019/2020. Le gouvernement mobilisera pour «répondre aux besoinx des collectivités» plus de 5 milliards d’euros sur cinq ans ( dont 1 Md€ de la Caisse des dépôts en fonds propres , 700M€ en prêts 1.5 Md€ d’Action logement et 1Md€ de l’ANAH ). 

Opération de revitalisation du territoire (ORT)

Ce contrat intégrateur unique – convergeance de dispositifs et moyens mobilisables privés ou public – traitera de tous les enjeux de développement : habitats, commerces services, développements économiques… Les acteurs privés seront incités à investir dans ce périmètre d’interêt public. Démarches et financements en seront simplifiés par un guichet unique. La Caisse des dépots engagera 50 M€ pour soutenir l’accès à l ingénerie, l’ANAH 25 M€ pour co- financer la direction de projet.

Commerces ,activités economiques et services

Il s’agit de developper une nouvelle offre commerciale en centre ville de rééquilibrer les conditions d’implantation et/ ou renforcer les complémentarités avec la périphérie. Au chapitre des moyens s’inscriront : missions d’expertises, études des vacances commerciales, revisions de distortions fiscales entre commerces physiques et numériques, dispenses d’autorisation d’exploitation commerciale, accès des commerces de proximité au developpement numérique…« Pour donner aussi aux président des intercoms et aux maires les moyens et le pouvoir d’une cohérence politique dan l’aménagement du territoire » soulignait le ministre. 

Propriétaires et locataires

Inciter à la rénovation des logements et maisons de ville, favoriser le maintien sur place des résidents et renforcer la mixité sociale seront aussi les objectifs de ce plan. L’ANAH ( Agence Nationale pour l’Habitat) engagera 1milliard d’euros d’aide aux travaux de rehabitlitation :amélioration énergétique et adaptation des logements,,. De nouvelles mesures sont également annoncées pour l’accession à la propriété, réforme du prêt à taux zéro, prêt social de location /accession étandu aux logements anciens .. L’agence nationale de l’Habitat financera 1.2 Md€ de pilotage de projets, etudes et animation des programmes et consacrera aussi 40 millions d’euros à l’éridication de poches d’habitats indiges.

  

Promotteurs immobiliers et bailleurs 

1,5Md€ seront débloqués par Action logement, engagé dans la revitalisation des centres villes, sous forme de prêts et subventions . Cette manne financière permettra des opérations d’acquisition et d’améliotration d’habitats en centre ville. 200M€ de la caisse des depôts seront dédiés spécifiquement aux commerces et activités économiques.

Résidents et Visiteurs

Augmenter le plaisir à vivre et venir au centre ville passe par une offre de services de qualité et l’accès à de nouveaux services, Le maillage numerique des commerces en centre, un réseau de transport, des plateformes de mobilité, de nouveaux espaces urbains, des partages d’in,itiatives, l implantation de services publics propices à l’ amélioration des liens sociaux en faveur des personnes âgés ou hadicapées, des cinémas, médiathèque, habitats …

«Il faut anticiper pour ne pas subir» relevait le ministre. «C’est un travail de cohésion et cela n’a de sens que dans la concertation ». Et le ministre de souligner pour conclure : « Rien depuis les années 70, sous Giscard, n’avait été fait en faveur des coeur de ville, c’est un acte fort! ».

Willian Fraysse , manager du centre ville

Rodez n’a pas attendu l’opération «Action coeur de ville» pour mettre en place une réflexion et une politique centre ville pour renforcer l’attractivité, améliorer l’offre commerciale et organiser une dynamique.

Inspirés du modèle albigeois les élus ruthénois ont recruté un manager Centre ville :William Fraysse. Cet ancien agent immobilier joue un rôle essentiel dans la sauvegarde et la dynamisation du commerce de proximité. Ses actions de terrain le conduisent à recencer les attentes et préoccupations des commerçants. Il «remet en phase les différents commerces et les acteurs économiques» ( élus, CCI , Chambre des Métiers…). Sa mission le mène également à démarcher, accueillir, informer, orienter, commerçants, artisans actuels et futurs. A cette liste non exhaustive de ses compténces s’ajoute la négocitaion d’un loyer, un travail en lien avec le service de voirie ou de sécurité pour préserver cadre de vie et tranquilité des habitants…A l’ heure où le «e commerce» est incontournable, il accompagne les commerçants dans leurs premiers pas numériques . Précieux soutien pour l’association des commerçants et artisans ruthénois «Cassiopée» (200 adhérents, 65 commerces, il participe à la mise en place d’animations… Des outils sont également à sa disposition, comme ces compteurs de piétons pour analyser la fréquentation du centre ville… Des résultats encourageants s’affichent déjà  » depuis 2014, le taux de vacance des locaux commerciaux est passé de 17.5 à 8.5% » f.ois de ‘remettre en phase les acteurs 


Sylvie Daynac